Force Armée d'Intervention Rapide pour Haiti


L’armée- L’Etat - La souveraineté - Dépérissement de l'Etat haïtien- Manigat- Force Armée d'intervention rapide ( F.A.I.R) 
Sécurité de l'Etat- Sécurité des frontières--Investissements

La faculté de ne pas être soumis à l’ordre d’un tiers est ce qu’on a pu appeler «ne pièce de la logique» sur laquelle repose le droit international. Même si l’actualité en Irak inquiète les juristes au point où certains fatalistes ont pu parler de «la fin du droit international», l’on doit convenir que certains Etats sont encore souverains et bénéficient d’une certaine dose d’indépendance : expression de la souveraineté. Tel ne semble plus être le cas de la République d’Haïti. 
Haïti est depuis le 29 février 2004 sous le contrôle de l’axe franco-américain et dominicain. Le gouvernement intérimaire de Monsieur Gérard Latortue se retrouve dans l’impossibilité de faire respecter l’ordre public pendant que les soldats de l’axe humilient notre peuple en cette heure du bicentenaire de l’indépendance. A la lumière de l’actualité, nous observons que les forces de l’axe en Haïti ne souhaitent nullement mettre fin à l’insécurité dans le pays. Au contraire, elles attisent le feu en laissant carte blanche aux rebelles appelés «les combattants de la liberté» pour créer de l’insécurité dans le pays. Dès lors, l’on est en droit de se demander s’il ne faudrait pas re-fonder une armée eu égard au désordre exceptionnel dans lequel le pays est plongé depuis le départ d'Aristide ? 

Dans un article publié sur le site de l’OPL le 16 Mars 2003 l’agronome économiste Jean Erich René se demandait s’il était possible de « se représenter un Etat sans armée» Si d’apparence, la réponse parait évidente, il n’en reste pas moins que la spécificité haïtienne parait si complexe qu'une réponse rapide relèverait de la gageure. En effet, Depuis le démantèlement de l’armée haïtienne par le Prête-Président sous ordre de Washington, la question de la reconstitution de l’armée haïtienne fait l’objet de nombreuses controverses. D'aucuns s’interrogent sur la finalité réelle d’une telle armée d’autant qu'elle n'a jamais assuré la tranquillité publique. 

L'armée traditionnelle haïtienne a toujours été l’instrument des dictateurs dans ce pays. Si l’on est d’avis que l’armée n’est pas en soi une «nécessité historique», il suit qu’à l’heure actuelle, l’idée d'une force armée haïtienne d'intervention rapide (FAIR) s’impose comme un impératif catégorique. 

Selon l’économiste agronome Jean Erich René « S’il y a une leçon à tirer de la chute de Jean Bertrand Aristide '' c’est la faiblesse de la défense du territoire national''. En effet, le territoire national est à la merci des groupes paramilitaires et des dealers professionnels de drogue si bien que la souveraineté bien qu’affirmée n’est pas protégée. Selon Jean Erich René «Ce serait faire preuve d’un angélisme béat de s’en remettre à une armée étrangère pour assurer la sécurité de son territoire ».

L’actualité lui a donné raison. L'attitude des soldats de l’axe atteste que les forces étrangères ont eu une triple victoire sur le peuple haïtien. Tout d’abord, La République dominicaine savoure une fois de plus sa vengeance historique en ouvrant son espace territorial aux rebelles. Ensuite la France a réussi a confisqué avec l’aide de l’élite le bicentenaire de sa défaite. Enfin, l’Amérique en se débarrassant rapidement d’Aristide a également confisqué la victoire des rebelles. A l’évidence, seuls les haïtiens sont aujourd'hui les dindons de la farce. 

Compte tenu de la mise sous tutelle pré-organisée par Paris- Ottawa- Washington lors d’une rencontre secrète qui s’est tenue à Ottawa en mars dernier sur les bords du lac Meech dans le parc de la Gatineau, nous ne pouvons plus nous enliser dans des guérillas stériles sans tirer les conséquences de nos divisions. C’est pourquoi, il nous parait utile de s’interroger sur l’avenir de la souveraineté haïtienne. Haïti est de par son histoire la bête noire de l’occident. Par suite, nous devons la penser en prenant en compte son statut d’exception. 

La question de l’existence de l’armée en Haïti n’est pas une question anodine car elle se trouve au cœur de la souveraineté de l’Etat. Qu’on le veuille ou non, la souveraineté est la pierre angulaire qui fait tenir l’édifice d’un Etat. Au-delà du concept théorique, la souveraineté à moins d’être une coquille vide s’incarne de façon très pragmatique à travers le principe d’indépendance. Or justement l’armée a pour mission fondamentale de protéger celle-ci en garantissant l'inviolabilité du territoire. La FAIR aura donc comme mission de sécuriser les Frontières terrestres et maritimes.

Tout d'abord, il convient de comprendre le rôle socio politique joué historiquement par l’armée d’Haïti dans le déroulement de la vie politique avant d’expliciter ensuite les raisons qui militent pour la création d'une force rapide d'intervention publique suite à la désintégration des FADH sous la Présidence d’Aristide.

Le rôle historique de l’armée d’Haïti 

Le transfert de souveraineté imposé à la France par Dessalines a permis au jeune Etat haitien de devenir la première puissance nègre du nouveau monde. Mais, embourbés dans les labyrinthes de la révolution, les pères fondateurs d'Haiti n’ont pas su créer un Etat-nation. Ils ont crée l’Etat, mais ils ont oublié la nation. En effet, dès l’origine, les luttes fratricides pour le pouvoir ont empêché le tracé d’une ligne de démarcation entre le militaire et le politique. 

Suite à l’intervention américaine en 1915, les américains ont symboliquement initié comme première action la destruction de l’armée d’Haïti, laquelle a été remplacée par une police militaire : la gendarmerie. Cette dernière a été mise en place pour briser la résistance haïtienne qui a atteint son paroxysme en 1919 lorsque plus de quinze mille rebelles ont affronté la force d’occupation jusqu’à la capture de Charlemagne Péralte : le leader des Cacos. Par ailleurs, cette gendarmerie blanchie et nourrie par les américains a été a posteriori «dressée» contre le peuple haïtien pour servir en tant qu’armée d’indigène trisomique.Si cette force militaire a changé de dénomination à plusieurs reprises, force est de constater un continuum entre elle et les forces armées d’Haïti (FADH). 

Sans qu’il soit nécessaire ici de préciser en détail la structure formelle des FADH, on peut rappeler pour mémoire que les FADH suivant la queue de comète américaine ont bénéficié des anciens vestiges de l’occupation : centre de commandement, maisons de garde, les prisons. Sa structure organique était composée de douze unités, de la garde présidentielle, des forces mobiles d’infanteries appelées tactique, les chefs de sekstion affectés aux sections rurales, et les auxiliaires appelés « attachés ». De fait, ils ont été les principaux instruments de la répression contre le peuple haitien. 

Pour mener à bien sa mission d’armée cannibale, une structure territoriale est mise en place à l’échelle du pays. Du plus haut niveau national jusqu’à celui du chef de section rurale. Contrairement à ce qu’une analyse rapide pourrait laisser croire, il existait en Haïti avant l’accession d’Aristide au pouvoir des sous unités semblables aux chimères rattachés aux FADH. Ces dernières effectuaient des arrestations arbitraires, dans le même temps qu'elles imposaient le terrorisme politique et intellectuel pour taire l’émancipation du peuple. 

De plus, elles procédaient à des extorsions quasiment institutionnalisées. Ces auxiliaires étaient entre 25000 et 60000 connus sous le nom de « soukét lawouzé ». Ils avaient une double casquette. Policier quand il portait l’uniforme et attachés quand ils étaient en costume civil. Ils avaient un lien très étroit avec le chef de section rurale, lequel était juge, policier, et fisc. Ce dernier était relié à la chaîne de commandement de l’armée. En réalité, L’armée d’Haïti a toujours été dirigée par un petit groupe de militaires technocrates et des chefs militaires intégrés à l’élite politico-économique sous contrôle américain et des grandes entreprises étrangères ayant des intérêts à défendre le statu quo. Elle faisait et défaisait les Présidents 

Le rôle sociopolitique joué par l’armée a crée un rapport de force tendu entre le politique et le militaire. C’est pour mettre fin à la toute puissance des FADH que l’ex Président déchu a émasculé cette armée cannibalisante en la désintégrant. Or, force est d’admettre que le démantèlement de celle-ci fait à la va-vite n’a nullement empêché le coup d’Etat du 29 avril 2004, au contraire elle l’a facilité tout en rendant vulnérable la souveraineté territoriale de l’Etat. De plus, la dislocation de l'armée a eu un double effet. L'Etat a été fragilisé de l'intérieur comme de l'extérieur. A l'intérieur, en raison de la possession d'armes d'un certain nombre de personnes anciennement incorporées dans l'armée. Mais aussi à l'extérieur par la militarisation de groupes paramilitaires se situant sur le territoire dominicain sous ordre des Ennemis d'Etat d'Haïti. 

De la dictature militaire de l’armée d’Haïti à la perte de notre souveraineté. Nous sommes confrontés à un double paradoxe dont il nous faut tenter de dépasser en prenant en compte la question fondamentale de la souveraineté : principal problème existentiel d'Haïti.

La protection de la souveraineté d'Haiti : Une force d'armée d'intervention rapide

La question de la reconstruction de l’armée haïtienne a fait l’objet de vives controverses. Elles peuvent se résumer comme suit. Les adversaires d'une force armée d'intervention avancent trois arguments. D’une part, qu’historiquement l’armée haïtienne n’a été qu’instrument de barbarie contre le peuple. D’autre part, qu’une armée sert en principe à combattre, et que dans le cas d'Haiti, il n'y a guère d’ennemis d’Etat. Qu'à supposer que la République d'Haiti avait des ennemis, ces détracteurs considèrent à l’instar des penseurs américains de la «revolution in military affair » qu’une armée de chétifs sans moyens matériels et humains ne serait pas en mesure de se mesurer à des armées professionnelles. Enfin, ils notent à juste titre l’inintelligence de vouloir rétablir une armée alors même que les enfants haïtiens souffrent de malnutrition. 

S’agissant des partisans de le reconstitution, ces derniers se sont attelés à démontrer que la « démobilisation de l’armée » était un remède pire que le mal en ce qu’elle a crée une fracture politique et intensifié la violation des droits de l’homme en raison de la constitution de groupes paramilitaires dans le même temps qu’elle a fragilisé les frontières terrestres et maritimes à tel point que des transferts de souveraineté territoriale et maritime à des puissances étrangères ont du s'imposer à l'Etat haitien. De plus, selon l'agronome Jean Erich René, l’armée constitue une « nécessité historique » selon laquelle « La vie politique n’est pas possible sans une force de coercition visant à dissuader tout ennemi éventuel propres ». 

En effet, si cette approche wébérienne du monopole de la coercition de l’Etat semble être une exigence de la vie politique, il demeure que la légalité rationnelle du pouvoir repose sur la croyance et le respect des normes. Or en Haïti, le pouvoir de l’armée n’a jamais reposé sur le modèle légaliste. Au contraire, il a toujours été fondé sur une dynamique féodale, ce qui est en soi un énorme paradoxe dans un système constitutionnalisé. 

Quoi qu’il en soit, s’il y avait un intérêt à prolonger le débat, il s’agirait de s’interroger sur la question de savoir si les deux thèses sont irréductibles ? En réalité, si le caractère asymétrique des conflits actuels (Etat- groupes paramilitaires) et les facteurs technologiques voire les facteurs méga stratégiques de l’info dominance, rendent obsolètes l’existence d’une armée archaïque, il reste que les événements que nous vivons en ce moment nous obligent à refuser le déterminisme historique du rôle sociopolitique de l’armée haïtienne pour admettre une exigence fondamentale : la protection de la souveraineté d'Haïti.

LA Minustah a largement brisé ce qui semble bien être la clé de voûte de l’existence d’Haïti : à savoir sa souveraineté. Or, s'il est vrai qu'un départ précité de cette force étrangère pourrait pousser Haiti dans un tourbillon de violences, il n'est pas envisageable qu'elle reste éternellement en Haiti.
C'est pourquoi qu'il faut créer illico presto une force armée d'intervention rapide pour remplacer les soldats de l'axe.

Par ailleurs, Haïti est constamment sous la menace de la violation par la République dominicaine de son intégrité territoriale. Nous savons que les rapports qu’entretient Haïti avec son ennemi bicentenaire peuvent être vu sous l’angle d’une guerre froide. Pour preuve les dominicains n’hésitent pas à mettre les haïtiens en esclavage par pur racisme historique. Ensuite, rappelons comment la république dominicaine a participé à l’infiltration des rebelles et des drogués sur le territoire haitien en vue de liquider le gouvernement d'Aristide. L’exemple de la chute d’Aristide est éloquent. Selon les propos rapportés par l’économiste Jean Erich René « Une poignée de rebelles, dans moins de 30 jours, se sont emparés de la moitié du territoire et le Gouvernement n’était pas en mesure de riposter. L’éclair de l’évacuation du personnel de l’Ambassade dominicaine nous chiffonne. Dans l’espace de 9 minutes l’Armée dominicaine à l’aide de ces hélicoptères ont sillonné l’espace haïtien et bouclé l’opération de sauvetage de ses ressortissants » 

En définitive, non seulement, l’Etat dominicain a violé la souveraineté territoriale d’Haïti. mais, le plus grave, c’est qu’elle permet à des entités infra étatiques de violer l'intégrité territoriale.C’est inacceptable. Aussi, Nous considérons également que si la République dominicaine n’avait pas permis des entraînements militaires sur son territoire, les rebelles eussent été dans l’impossibilité de pénétrer sur le territoire haïtien, ce qui nous aurait éviter d’être sous le régime du protectorat actuel. 

Du reste, il est urgent qu'Haiti se dote d'une force armée rapide, capable d'une part, d'intervenir en cas de violation de l'intégrité territoriale par la République dominicaine et par tous groupes para-militaires, notamment les narco-traficants qui utilisent Haiti comme plaque tournante de la drogue. d'autre part, en cas de catastrophes naturelles. Telles seront les deux missions constitutionnelles de cette FDR. (Les centaures de la savane).

La souveraineté n’est pas dissociable de l’Etat. 

En conclusion, les violations répétées et programmées de la souveraineté haïtienne annoncent sérieusement le dépérissement de l’Etat haïtien. Nous allons assister à un transfert de compétences souveraines au profit d’un certain nombre d’entités infra étatiques transnationales au détriment de la bourgeoisie haïtienne à l’instar de ce qui s’est passé lors de la faillite de l’Etat d’Anjouan et celle plus récente de Nauru. Si nous voulons maîtriser notre souveraineté territoriale, il nous faut définitivement être capable de protéger les frontières contre les violations de la République dominicaine et les forces étrangères. 

Nous considérons que l’avenir de la République d’Haïti est menacé en raison de l’impossibilité aujourd’hui de contrôler ses frontières. Les dominicains veulent rendre poreuses les frontières haïtiennes pour y faire glisser des éléments d’extranéité en vue d'empêcher le développement du pays. Il s'agit là d'une stratégie économique destinée à garantir l'exclusivité économique. Gardons à l’esprit que le sous-développement d’Haïti est le corollaire du développement de la République dominicaine. Aussi doit-on souligner que les dominicains n’ont aucun intérêt au développement d’Haïti car Haïti représente une part de marché touristique et d'investissement qui pourrait réduire la part du gâteau économique. Pendant que nous focalisons sur les grandes puissances, nous oublions l’essentiel. 

La république dominicaine est en plein essor économique, d’énormes investissements ont été faits. Par conséquent ils ont aujourd’hui des intérêts économiques suffisamment sérieux pour instaurer le chaos en Haïti afin d’asseoir leur développement économique durable. Ceci nous amène à conclure qu'une force d'intervention rapide doit être crée illico presto pour stopper toute velléité dominicaine. Nous trouvons dans une situation où tout laxisme risque de nous coûter très cher. Il est vrai qu'hier nous nous n’avons pas su construire l’Etat-nation, mais aujourd'hui, ll est tant encore de protéger notre souveraineté car c’est notre dernier rempart pour éviter le dépérissement de notre Etat.

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